Dos Kirdi, Ventre bantou

Véritable excursion dans une composante profonde de la mémoire culturel des populations du Cameroun, Dos Kirdi Ventre Bantou : les sources de l’exception culturelle Bamiléké et Tikar nous ouvre la porte d’un univers insoupçonné des similitudes, de complémentarités et semblaient avoir irrémédiablement séparées. Au-delà des distances physiques trompeuses, ce travail revient sur des questions essentielles, relatives aux liens qui unissent les peuples, et propose des voies de dialogue entre eux. Notre manque d’attention nous empêche parfois d’apprécier l’étroitesse de la relation qui existe entre les communautés culturelles et linguistiques du Cameroun et de l’Afrique subsaharienne.

N’en déplaise aux nombreux fanatiques de la thèse des exceptions culturelles, cette encyclopédie ethnographique des peuples semi-bantous de l’Afrique centrale trouve dans l’originalité supposée de la culture Bamiléké-Tikar non pas une ligne de démarcation ou un cachet identitaire, mais un pont entre l’Afrique soudano-sahélienne et l’Afrique de la forêt. Au moment où les grands blocs économiques et culturels se forment sur les autres continents, le travail de reconstitution du puzzle culturel africain amorcé par Cheik AntaDiop devient une nécessité vitale pour les micros Etats africains, pris en otage par des investisseurs politico-ethniques sans scrupules et sans vision pour l’Afrique de demain. Il est temps de dépasser les clivages ethniques primaires pour apporter la partition de l’Afrique à la symphonie universelle.